FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Rentrée parlementaire et rentrée sociale se croisent :un Réseau de vigilance sonne l’alarme face aux plans du gouvernement.

Québec, le 21 octobre 2003  –  Près de 1500 personnes se sont réunies, ce midi, Place d’Youville, à Québec pour sonner l’alarme avec cloches, sifflets et casseroles afin d’alerter la population face au danger que font peser les projets du gouvernement de Jean Charest sur l’intérêt public, les droits fondamentaux, la vie démocratique et les solidarités. À la rentrée parlementaire les manifestant-e-s répondent par une rentrée sociale.

La manifestation s’est rendue par la suite à l’Assemblée nationale porter une lettre à l’intention des parlementaires. La lettre invite ces derniers à se faire les plus ardents défenseurs d’un État garant de l’intérêt public, dispensateur de programmes sociaux adéquats et de services publics de qualité également accessibles à toutes les citoyennes et tous les citoyens.

Le rassemblement d’aujourd’hui est le résultat d’un appel lancé par un réseau de vigilance constitué de plus de 50 organisations de la société québécoise, inquiètes des premiers gestes posés par ce gouvernement et des annonces qui s’accumulent quant à ses intentions. Malgré les courts délais, des personnes de la région de Montréal, de Laval, de la Montérégie, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et des Laurentides se sont déplacées à Québec pour être de la partie. D’autres rassemblements similaires se tiennent simultanément à Sherbrooke en Estrie, à Trois-Rivières en Mauricie, à Gatineau en Outaouais et un autre s’est tenu hier à Rouyn, en Abitibi.

« En plus d’appeler les Québécoises et les Québécois à ne pas croire que la réingénierie de Jean Charest va améliorer leur situation et à s’opposer à ces visées, explique Serge Roy, un des porte-parole du réseau, nous sommes ici pour lancer un message clair au gouvernement libéral et aux parlementaires : nous resterons vigilant-e-s et mobilisé-e-s ! »

Un réseau qui défend une vision du Québec et du monde

« Les projets de réingénierie du gouvernement porteront sérieusement atteinte au type de société dans laquelle nous voulons vivre, analyse Lorraine Guay, porte-parole du réseau. Nous voulons un Québec solidaire et riche de tout son monde, un Québec d’égalité entre les femmes et les hommes, un Québec sans pauvreté, éduqué, en santé, respectueux de l’environnement, un Québec démocratique et inclusif. La mission de l’État, c’est de créer toutes les conditions pour rendre ce Québec possible et non pas de faire sans l’État. Ce qui suppose refuser la logique imposée par la mondialisation néo-libérale à nos institutions nationales. »

Le Réseau de vigilance invite la population et les parlementaires à agir dans le même sens que ses membres pour :

  • construire une société démocratique fondée sur le respect de l’ensemble des droits humains ;
  • exiger un État garant de la promotion, du respect et du développement de ces droits démocratiques et assurant, pour les générations présentes et futures :
    des services publics de qualité accessibles à toutes et à tous et des programmes sociaux financés adéquatement et collectivement ;
  • la redistribution de la richesse ;
  • un développement durable pour un avenir viable ;
  • une fiscalité qui sert l’intérêt public et repose sur le principe d’imposition équitable des citoyennes et des citoyens, des corporations et des compagnies ;
  • élargir la culture démocratique en favorisant le «  vivre ensemble » et la participation citoyenne dans une société de personnes libres et égales.

Le rassemblement tenu aujourd’hui se veut le premier geste du réseau de vigilance, qui entend continuer à se concerter et à agir. Les organisations membres du réseau se communiqueront entre elles des informations sur les politiques gouvernementales et sur leurs luttes sectorielles. Elles informeront leurs membres et la population sur ces sujets en plus d’effectuer un travail de sensibilisation, d’éducation populaire et d’action autour des thèmes centraux de l’appel ci-haut. Le réseau prévoit également intervenir autour du prochain budget du Québec, par des moyens restant à définir.

« La diversité des groupes constituant le réseau est la meilleure réplique qui soit aux accusations de corporatisme lancées par Jean Charest contre les opposants à ses plans, ajoutent Lorraine Guay et Serge Roy. Nous ne sommes pas ici pour défendre un carré de sable et des petit intérêts mesquins. Nous laissons ça aux groupes patronaux. Notre vision est large et inclut toute la population. Nous voulons vivre dans un Québec et dans un monde solidaires. Nous ne laisserons aucun gouvernement nous détourner de cet idéal. »