FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Lettre ouverte : Nous disons, d’une seule voix, NON à la loi spéciale!

22 décembre 2005
Déclaration commune des 6 plus importantes organisations syndicales du secteur public au Québec

Depuis son élection, le gouvernement Charest pose des jalons pour démanteler les acquis de la société québécoise, mis en place depuis près de 40 ans. Les services publics sont un des joyaux de notre société. Les Québécoises et les Québécois peuvent compter sur une fonction publique compétente, dévouée et indépendante des pouvoirs politiques, contrairement à d’autres pays dans le monde. Le Québec possède des services publics de qualité que nous avons décidé, collectivement, de nous donner.

Comme organisations syndicales, nous représentons 425 000 personnes qui tiennent, à bout de bras, le réseau de la santé et des services sociaux, de l’éducation, la fonction publique et les organismes gouvernementaux. En imposant une loi spéciale qui fixe les conditions de travail dans le secteur public, le gouvernement Charest vient de faire la preuve, une fois de plus, de son mépris envers ses employé-es et envers les organisations syndicales qui les représentent. Notre travail au quotidien est essentiel et nos organisations jouent un rôle majeur, depuis des décennies, dans l’organisation du travail au Québec. Notre droit de négocier toutes nos conditions de travail est fondamental.

La loi spéciale ne règle rien. Elle nous a été imposée, rentrée dans la gorge, sans que nous ayons quoi que ce soit à dire. Elle appauvrit les travailleuses et les travailleurs du secteur public parce qu’elle gèle leur salaire pendant 2 ans et 3 mois. Zéro pour cent d’augmentation ! Depuis 2003, nous accusons une perte de notre pouvoir d’achat de près de 5 %. Le retard avec le secteur privé ne cesse de se creuser. Pourtant, les employé-es de l’État ne roulent pas sur l’or. Le salaire moyen dans le secteur public est de 31 000 dollars par année et la précarité affecte un travailleur sur deux.

Le gouvernement du Québec ne dispose pas de tous les moyens financiers dont il a besoin. Mais les finances publiques lui permettent tout de même d’offrir plus à ses employé-es. S’il ne l’a pas fait, c’est par choix politique, au détriment des travailleuses et des travailleurs. En s’attaquant aux syndicats du secteur public, c’est aux services publics que ce gouvernement s’attaque. Il a déjà, au cours des dernières années, adopté sous le bâillon plusieurs lois qui, entre autres, facilitent la sous-traitance et modifient l’organisation des soins de santé au Québec. Son objectif n’est pas d’améliorer ni d’augmenter les services à la population. Ce gouvernement poursuit plutôt des desseins cachés de sous-traitance et de privatisations de pans entiers des services publics.

Ce gouvernement a des comportements antisyndicaux et antisociaux. Messieurs Charest, Couillard, Fournier et Madame Jérôme-Forget semblent avoir oublié que les employé-es de l’État sont des travailleuses et des travailleurs comme les autres. Ils ont le droit de négocier l’ensemble de leurs conditions de travail, comme tous les travailleurs du Québec. Eux aussi payent des impôts comme tout le monde et veulent qu’ils servent le bien commun.

Ce gouvernement veut discréditer les syndicats alors qu’ils sont une force qui a, dans l’histoire, toujours fait avancer le Québec vers plus d’équité et de justice sociale. Nous disons non à cette loi spéciale. Nous disons non à cette vision étriquée du Québec. La population du Québec, qu’elle soit syndiquée ou non, n’est pas dupe. Nos organisations syndicales vont résister et se battre contre cette loi afin de retrouver le droit à la libre négociation.

Claudette Carbonneau, présidente de la CSN
Réjean Parent, président de la CSQ
Lina Bonamie, présidente de la FIIQ
Henri Massé, président de la FTQ
Michel Sawyer, président du SFPQ
Carole Roberge, présidente du SPGQ