FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Des syndicats du monde entier blâment le gouvernement Charest.

Québec, le 14 mars 2006  –  Le gouvernement du Québec porte une grave atteinte aux droits fondamentaux et syndicaux et fait subir un recul inacceptable aux droits d’un demi-million de travailleuses et de travailleurs du secteur public. Il a nié le droit reconnu à la libre négociation alors que rien, ni le contexte social ni la prestation de services à la population ou les moyens de pression tout à fait légaux, ne le justifiait. Votre gouvernement a fait preuve d’arrogance et de mépris en imposant vos conditions de travail sans négocier », d’affirmer M. Rolv Hanssen, représentant du FAGFORBUNDET, syndicat norvégien, affilié à l’Internationale des services publics (ISP) représentant plus de 600 syndicats du secteur public répartis dans 140 pays et plus de 20 millions de travailleuses et de travailleurs des services publics.

Monsieur Hanssen est de passage au Québec et il se rendra à un séminaire de l’Internationale des services publics (ISP) sur les nouvelles formes de privatisation des services publics qui se déroulera à Ottawa, du 14 au 16 mars 2006. Lors de cette rencontre, il sera aussi question de la situation du Québec, particulièrement des effets de la loi 142 et du bilan du gouvernement de Parti libéral de Jean Charest. Carole Roberge du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Gaétan Girard du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), Lina Bonamie de la Fédération des infirmiers et infirmières du Québec (FIIQ) et Réjean Parent de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) participeront également à ce séminaire. Le SPGQ, le SFPQ, la FIIQ et la CSQ sont membres de l’Internationale des services publics (ISP).

Un discours inaugural cosmétique ?

Pour les organisations syndicales, il est clair que le discours inaugural cosmétique du gouvernement ne saurait faire oublier les derniers mois. « Le gouvernement de Jean Charest a posé un des gestes les plus répressifs à ce jour contre les syndiquées et les syndiqués du secteur public du Québec. Il est donc légitime que nous dénoncions le mépris, le manque de respect, l’absence de considération de l’Etat employeur envers son personnel et la mauvaise foi dont il a fait preuve », de souligner les porte-parole syndicaux.

Pour les représentantes et les représentants du SPGQ, du SFPQ, de la FIIQ et de la CSQ, c’est de façon complètement illégitime et antidémocratique que le gouvernement Charest a mis fin abruptement à la négociation en décembre 2005 en imposant la loi 142. Le gouvernement du Québec et le Conseil du trésor ont manqué ainsi à leur obligation de négocier de bonne foi, et ce, en contravention flagrante avec le Code du travail. « Le gouvernement a imposé le silence sur des discussions en cours, empêchant ainsi l’amélioration des conditions de travail nécessaires au bon exercice des professions. De plus, en n’accordant pas minimalement les augmentations salariales permettant de protéger le pouvoir d’achat et le revenu à la retraite, le gouvernement libéral a détérioré les conditions de vie et a appauvri les personnes qui assurent quotidiennement des services de qualité à la population québécoise », ont-ils souligné.

Les effets de la loi 142

Rappelons que la loi 142 retire à tous les salariées et les salariés des services publics du Québec le droit à la libre négociation jusqu’en 2010, droit pourtant protégé par le Code du travail, la Loi sur les régimes de négociation de conventions collectives dans les secteurs public et parapublic et par des ententes et traités internationaux. Elle met en place des mesures répressives injustifiées et d’une ampleur inégalée qui commandent l’exercice normal et de toutes les fonctions de la salariée ou du salarié en tout temps et qui interdisent tout ralentissement, diminution ou altération quantitative ou qualitative d’activités et ce, peu importe les raisons légitimes ou non. Cette loi comporte des sanctions très lourdes et des amendes démesurées pour les individus et les associations de personnes qui voudraient exprimer, par des actions concertées, leur désaccord avec une position patronale.

Une résistance robuste au cours des prochains mois

Plusieurs moyens et actions seront déployés au cours des prochains mois pour contrer les effets pervers de la loi 142 et pour rappeler au gouvernement l’importance du geste qu’il a posé contre ses employées et ses employés. A l’occasion de la rentrée parlementaire, des membres de la FIIQ et du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), représenté par le SPGQ, SFPQ et la CSQ ont manifesté devant l’Assemblée nationale avec des délégués cartonnés représentant des milliers de membres à travers le Québec qui ne peuvent se rendre manifester leur mécontentement; ceux-ci ont déjà suffisamment fait les frais de ce gouvernement !

De plus, les représentantes et les représentants du SISP ont profité de l’occasion pour lancer une plaque automobile électrostatique à 166 000 exemplaires « LOI 142 : je m’en souviendrai » et invitent leurs membres à le coller sur les pare-chocs de leur véhicule pour que partout à travers le Québec, la population se rappelle.

« Cette loi constitue un recul majeur tant pour l’exercice de la démocratie, de la liberté de négociation, de la liberté d’expression, de la liberté d’association qu’à l’égard des conditions de travail de nos membres », de conclure les représentantes et les représentants syndicaux.