FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Le SISP presse Québec de récupérer l’argent pour investir dans les services publics et les programmes sociaux

Montréal, le 2 novembre 2007  —  Les présidentes et les présidents des cinq organisations syndicales regroupées au sein du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), Réjean Parent (CSQ), Lina Bonamie (FIQ), Michel Sawyer (SFPQ), Dominique Verreault (APTS) et Gilles Dussault (SPGQ) pressent le gouvernement Charest de profiter de l’annonce de la baisse de la TPS de 1 % pour récupérer cet argent afin d’investir dans les services publics et les programmes sociaux du Québec.

« Le gouvernement du Québec doit saisir l’occasion d’une baisse de la TPS de 1 % à compter de janvier 2008 par le gouvernement fédéral pour hausser d’autant la TVQ et récupérer ainsi 1,2 milliard de dollars récurrent, un montant dont le Québec a cruellement besoin pour réinvestir dans les services publics et assurer l’avenir des programmes sociaux. Cette solution est d’autant plus avantageuse qu’elle ne vient pas alourdir les charges des consommateurs », soutiennent les dirigeants syndicaux du SISP.

Les leaders syndicaux du SISP somment le premier ministre Jean Charest et sa ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, de ne pas répéter l’erreur qu’ils ont commise le printemps dernier en dilapidant le surplus de 700 millions de dollars, provenant d’Ottawa, en baisses d’impôt dont la majorité des Québécois ne voulait d’ailleurs pas.

« Il y a une limite à dépenser les fonds publics en pensant à court terme dans le seul but de hausser sa popularité à des fins électoralistes. Un gouvernement a l’obligation de manifester un plus grand sens des responsabilités. Jean Charest a déjà raté une occasion inespérée de disposer des 700 millions de dollars pour mieux soutenir les réseaux de la santé et des services sociaux, des commissions scolaires, des cégeps et des universités, ainsi que les autres services offerts par la fonction publique. Aujourd’hui, il doit donc agir en conséquence », affirment les cinq présidentes et présidents des organisations syndicales du SISP.

Un gouvernement sans véritable coussin pour l’avenir

Les dirigeants syndicaux tiennent de plus à rappeler que le gouvernement du Québec compte sur une réserve de 1,2 milliard pour équilibrer son budget de 2008, comme l’indique le plan budgétaire de mai 2007, qui ne sera plus là au cours des années suivantes.

« Une fois la réserve épuisée, le gouvernement se retrouvera devant un manque à gagner récurrent de la même ampleur. D’où proviendront les revenus pour combler l’impasse ? Quelle assurance les Québécois peuvent-ils avoir que les services publics et les programmes sociaux seront alors maintenus et développés comme le souhaite la majorité de la population ? », se demandent les leaders du SISP.

Une attitude irresponsable du gouvernement Charest

Réjean Parent, Lina Bonamie, Michel Sawyer, Dominique Verreault et Gilles Dussault soutiennent qu’en laissant passer l’occasion de récupérer les centaines de millions de dollars rendues disponibles par la baisse de 1 % de la TPS, le gouvernement Charest décide délibérément de pousser les finances publiques québécoises vers un mur, quitte à mettre en péril la survie des services publics et des programmes sociaux.

« Dans le contexte actuel, l’attitude du gouvernement Charest est totalement irresponsable. Ce gouvernement a passé son premier mandat à nous rebattre les oreilles avec son discours sur la précarité des finances publiques, imposant aux travailleuses et aux travailleurs du secteur public d’importants sacrifices, et en engageant le Québec sur la voie de la privatisation de certains services publics, sous prétexte de manque d’argent. Pourtant, de la même manière qu’il n’a pas jugé utile d’investir à bon escient les 700 millions du fédéral le printemps dernier, aujourd’hui il s’apprête une fois de plus à lever le nez sur 1,2 milliard dont il a pourtant grandement besoin. C’est à n’y rien comprendre », font valoir les dirigeants syndicaux du SISP.

Un sous-financement entretenu à des fins de privatisation?

Les présidentes et les présidents des cinq organisations syndicales ajoutent que si le gouvernement Charest s’entête à laisser passer une telle manne dont les services publics et les programmes sociaux ont grandement besoin, il faudra alors se questionner sur ses véritables intentions.

« Comment un gouvernement peut-il se plaindre continuellement de manquer d’argent et refuser d’utiliser des centaines de millions lorsqu’elles sont à sa portée? C’est à se demander si le gouvernement Charest ne maintient pas intentionnellement les services publics dans une situation de sous-financement pour pouvoir plus facilement justifier leur privatisation au profit de gens d’affaires intéressés », s’interrogent les dirigeants syndicaux du SISP.