FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Rapport final du Sommet de la santé : Des principes rassembleurs… pas juste pour les organisations syndicales

Montréal, le 20 novembre 2007  —  Les organisations syndicales membres du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP), soit la CSQ, la FIQ, l’APTS, le SFPQ et le SPGQ, se réjouissent que le Rapport final du Sommet de la santé, rendu public aujourd’hui par le Collège des médecins du Québec, reflète l’attachement général des participantes et des participants envers la sauvegarde d’un système public de santé et de services sociaux, et ce, sans frais supplémentaires directs aux patients.

Le SISP est en faveur de la majorité des conclusions de ce Sommet

Ainsi, sur le plan de l’organisation des services et des soins notamment, les présidentes et les présidents des organisations membres du SISP notent qu’un consensus s’est largement dégagé sur la nécessité de développer l’interdisciplinarité en accélérant le processus d’implantation du partage des activités professionnelles permis par la Loi 90. Également, la création d’équipes interdisciplinaires stables et autonomes dans le but d’attirer, de retenir et de reconnaître le personnel fait l’unanimité chez les organisations participantes. Il en fut de même quant à la priorité qui doit être accordée au développement des soins et des services à domicile.

Des orientations satisfaisantes

Au sujet de l’administration des services, les présidentes et les présidents des organisations membres du SISP, Réjean Parent (CSQ), Lina Bonamie (FIQ), Dominique Verreault (APTS), Michel Sawyer (SFPQ) et Gilles Dussault (SPGQ) tiennent à souligner que les participants ont largement privilégié les partenariats qui font appel à des projets coopératifs et communautaires plutôt qu’à des partenariats public-privé à proprement parler.

Au regard du financement des services, le SISP se dit satisfait que toutes les propositions de travail qui s’orientaient vers une contribution financière accrue des patients (tickets modérateurs, assurance contre la perte d’autonomie, frais accessoires, caisse santé, etc.) aient été rejetées.

Désapprobations et mise en garde

En matière de financement, le SISP s’oppose cependant à « l’exploration de collaborations public-privé dans la prestation de services », comme cela est proposé dans le rapport du Collège des médecins du Québec. « À cet égard, nos organisations constatent que les initiatives privées en santé ne font qu’augmenter les coûts sans pour autant améliorer les services offerts à la population ou diminuer les délais d’attente. En fait, il est démontré que le public fait mieux et coûte moins cher », observent les porte-parole du SISP.

Les dirigeants syndicaux du SISP sont également d’avis qu’au lieu de louer des locaux au privé pour « générer des revenus » ou de développer des partenariats avec le privé, comme le suggère le rapport du Collège des médecins du Québec, les centres de santé et de services sociaux devraient augmenter l’offre de services publics pour soigner les patients. De cette façon, ils maintiendraient le personnel du réseau dans le système public au lieu de contribuer à drainer les ressources vers le privé, ce qui contribue à amplifier la pénurie de main-d’œuvre.

Des principes syndicaux qui font consensus

Bien que les propositions initiales de travail formulées par le Collège des médecins du Québec soient loin des problèmes et des solutions privilégiées par les organisations syndicales, le SISP souligne qu’il a été possible, au cours de ces trois journées d’échange, de faire évoluer la réflexion vers des principes plus rassembleurs. Ces consensus ont été élaborés par différentes catégories de participants, la majorité provenant d’associations et d’ordres professionnels et du grand public, lequel incluait les chercheurs universitaires.

« Il est donc faux de prétendre que ces valeurs ne sont partagées que par les organisations syndicales qui ne défendent que les conditions de travail de leurs membres. Celles-ci ne représentaient que 8 % des participants au Sommet de la santé du Collège des médecins du Québec. Cela démontre, bien au contraire, que les syndicats présents dans le réseau de la santé sont non seulement ouverts aux changements, mais veulent y prendre une part active et ont des solutions concrètes à proposer. Il reste maintenant à voir de quelle façon ces principes pourront ensuite être mis en pratique », ont conclu les présidentes et les présidents des organisations membres du SISP.

Profil du SISP

Le SISP regroupe 300 000 membres, issus de cinq organisations syndicales (CSQ, FIQ, SFPQ, APTS et SPGQ), dont près de 245 000 proviennent des secteurs public, parapublic et péripublic. Le SFPQ représente 43 000 membres, dont 40 000 sont issus de la fonction publique québécoise. La FIQ regroupe 57 000 membres du secteur de la santé. La CSQ représente près de 155 000 membres, dont près de 100 000 œuvrent au sein des secteurs de l’éducation et de la santé. Quant au SPGQ, il regroupe près de 19 000 personnes de la fonction publique, des sociétés d’État, des réseaux de l’éducation et de la santé du Québec. Pour sa part, l’APTS représente 26 000 travailleuses et travailleurs occupant des postes professionnels ou techniques au sein du réseau public de la santé et des services sociaux.