FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

La position du Canada : une position honteuse

Depuis quelques temps, nous avons souvent eu l’occasion d’avoir honte des positions du gouvernement du Canada.

Tout d’abord, il y a eu la position qu’il a adopté lors de la 13e conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui s’est déroulée à Bali, du 3 au 14 décembre 2007. Alors que 160 pays, dont le Canada, ont signé le protocole de Kyoto en février 2005, le premier ministre Harper déclarait, en novembre dernier, que « le protocole de Kyoto est une erreur que le monde ne doit pas répéter », avant de s’allier à deux pays non signataires : les États-Unis et l’Australie, afin d’exiger un compromis. De l’avis de nombreux spécialistes, les cibles fixées dans cet accord-compromis permettent, en fait, une augmentation des gaz à effets de serre et compromettent donc l’atteinte des objectifs de Kyoto.

Deuxièmement, le Canada continue à transférer ses prisonniers aux autorités afghanes, malgré les preuves que celles-ci pratiquent la torture et malgré que cette pratique aille à l’encontre du Pacte international contre la torture et les traitements cruels et dégradants que le Canada a d’ailleurs signé.

Enfin, une autre position honteuse. La semaine dernière, lors de la réunion du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le Canada s’est opposé à la reconnaissance du droit à l’eau. En effet, le Canada et les États-Unis ont rejeté une résolution présentée par l’Allemagne et l’Espagne et appuyée par 227 pays qui visait à faire reconnaître ce droit. Cette position risque d’avoir de graves conséquences pour de nombreux pays.

En tant que professionnelles en soins, nous comprenons bien que l’eau, comme l’air, est essentielle à la vie et qu’elle ne peut être remplacée. Comme nous reconnaissons le droit à la vie, il est incontournable pour nous que soit reconnu le droit à l’eau. L’eau est un bien commun, appartenant à la communauté humaine, dont chacun-e peut se servir, mais que personne ne peut posséder. Ce n’est pas – et ne doit pas être – une marchandise.

La délégation canadienne a argumenté qu’elle ne pouvait endosser le droit à l’eau, puisque le Canada pourrait ainsi perdre le contrôle de ses ressources au profit de populations dans le besoin. Pourtant, le Canada reconnaît le droit à l’alimentation et ne s’est jamais senti contraint de fournir de la nourriture à d’autres pays. En fait, en s’opposant à la reconnaissance du droit à l’eau, au lieu de protéger cette ressource comme un bien commun, le Canada semble plutôt défendre le droit de l’entreprise privée de faire du profit en la commercialisant.

Déjà, en 2006, pour résoudre cette crise de toute urgence, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) recommandait que « le droit à l’eau potable [soit] reconnu comme un droit de l’homme ». Alors qu’environ un milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable et qu’un enfant meurt toutes les 20 secondes d’une maladie causée par l’eau insalubre, l’opposition du Canada à la reconnaissance du droit à l’eau est véritablement honteuse!

Syndicalement,