FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Des solutions qui ne sont pas à la mesure de la crise économique actuelle

La frénésie du temps des fêtes étant maintenant derrière nous, la crise économique et, surtout, les mesures que mettent de l’avant les gouvernements provinciaux et fédéral pour l’endiguer, feront assurément l’objet de débats cruciaux pour la suite des choses.

Pour la FIQ, il ne fait pas de doute qu’il est plus que jamais temps d’abandonner les dogmes périmés qui ont inspiré les politiques économiques des 30 dernières années et qui se sont soldées par un échec retentissant. Alors que durant cette période la croissance économique fut généralement soutenue, le résultat est que la majorité de la population travaille davantage pour un revenu moindre. Les fruits de la croissance économique ont été accaparés par une infime minorité qui s’est amusée à les faire fructifier à la bourse-casino, avec les résultats que nous connaissons maintenant. C’est par le crédit que la consommation des ménages a été soutenue au lieu d’une meilleure répartition des revenus par, entre autres, des augmentations salariales adéquates.

En ce sens, la FIQ dénonce depuis plusieurs années cette situation qui devait tôt ou tard mener à la catastrophe. Pour la Fédération, les gouvernements provinciaux et fédéral doivent absolument instaurer un nouveau pacte social sur les bases d’une société davantage solidaire et équitable. À court terme, il est urgent de soutenir la consommation des ménages en difficulté et d’investir massivement dans la formation de la main-d’œuvre. Cependant, de telles politiques seront vaines si elles ne sont pas accompagnées d’une révision du régime fiscal en faveur d’une meilleure répartition des revenus, de même que par un meilleur partage de la croissance économique entre l’entreprise et ses travailleurs.

À ce titre, la FIQ déplore vivement les mesures envisagées par le gouvernement Harper pour faire face à la crise. Ainsi, le ministre des Finances, John Flaherty, a répété à plusieurs reprises que des baisses d’impôts allaient constituer la pierre angulaire de la stratégie du gouvernement Harper afin d’endiguer la crise économique. On pouvait lire dans La Presse du 7 janvier dernier, l’argumentaire de M. Flaherty, soit, « les réductions d’impôts sont une façon d’encourager les investissements, de laisser plus d’argent dans les poches des Canadiens pour qu’ils puissent le dépenser, pour faire rouler l’économie ».

Ce qu’il faut retenir de cet énoncé, c’est qu’en dépit de la crise et de ses fondements, le gouvernement conservateur maintient sa foi en l’orthodoxie néolibérale. Pour ce gouvernement, c’est en réduisant la taille de l’État, en diminuant au minimum ses interventions dans l’économie et en abolissant un maximum de règles régissant les activités des entreprises qu’une économie est le plus susceptible de croître.

Pourtant, la plupart des spécialistes en la matière identifient ces mêmes mesures comme étant, au contraire, la source directe de la crise actuelle. Une récente étude consacre l’inefficacité des baisses d’impôts pour stimuler l’économie (1). Comparant deux périodes de baisse d’impôts, celle du président Bush-père et celle du président Bush-fils, à une période de hausse d’impôts, celle du président Clinton, les chercheurs démontrent que la croissance et l’investissement furent beaucoup plus importants lors de la période de hausse d’impôts que lors des deux périodes de diminution. Quant à la dette, elle a augmenté de manière significative sous les règnes des Bush, alors qu’elle a connu une tendance contraire marquée à l’ère Clinton.

En somme, le plan économique des conservateurs, s’il est confirmé, revient à combattre un incendie en l’aspergeant d’essence au nom d’une idéologie abandonnée par la majorité des démocraties occidentales. La FIQ entend surveiller attentivement le contenu du prochain budget fédéral ainsi que celui du Québec et défendra avec énergie la mise en place de politiques à la mesure de la crise actuelle.

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