FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Un décret déguisé?

Le 30 juin dernier, la FIQ a quitté la table de négociation puisqu’alors, le gouvernement lui demandait d’accepter l’inacceptable.

Accepter l’inacceptable veut dire que la Fédération devrait consentir à une entente, négociée avec d’autres organisations syndicales, qui a été rejetée à l’unanimité par les déléguées élues par ses membres. Qu’est-ce qui a pu laisser croire à la partie patronale qu’une telle chose était possible? Demander une entente de ce genre revient au même qu’imposer un décret car, de toute façon, le droit de négocier de la FIQ est nié. C’est d’ailleurs ce qui laisse croire à la Fédération que le dernier dépôt patronal est un décret déguisé. La FIQ n’acceptera jamais de porter l’odieux de telles conditions de travail.

Ce qui a été mis sur la table, ce sont réellement des reculs dans les conditions de travail des professionnelles en soins. Pourtant, le gouvernement ne cesse de défendre son projet d’entente, le qualifiant ad nauseam de satisfaisant pour les deux parties. Rien dans cette proposition n’est satisfaisant madame Gagnon-Tremblay! Rien dans cette proposition ne pourra attirer et retenir les professionnelles en soins dans le réseau public de santé monsieur Bolduc! Rien dans cette proposition ne constitue des mesures concrètes pour garantir, dans les années à venir, des soins de qualité à la population du Québec monsieur Charest.

Par le biais de son dernier dépôt, le gouvernement dit aux professionnelles en soins qu’elles doivent continuer à faire des heures supplémentaires, à travailler 16 heures d’affilée plusieurs fois par semaine, à être épuisées physiquement et mentalement. Par le biais de son dernier dépôt, le gouvernement confirme que, malgré la pénurie, il ne désire pas créer davantage de postes à temps plein afin de stabiliser les équipes de soins, ni adopter des mesures qui feraient en sorte de ramener le personnel des entreprises privées de placement en soins dans le réseau public et, ainsi, de diminuer la pénurie.

De toute évidence, il serait plus pertinent que le ministre Bolduc cesse d’investir dans des comités, dans les entreprises privées de placement en soins et dans le recours aux heures supplémentaires et qu’il mise plutôt sur un réseau public en santé.

Les revendications que défend la Fédération ne s’arrêtent pas aux portes d’un établissement de santé et c’est là que réside sa force. Sa crédibilité et sa notoriété découlent du fait qu’elle a à cœur la santé et le bien-être de l’ensemble de la population. Il est urgent de reconnaitre le travail des professionnelles en soins et de renforcer le système public de santé.

Au cours des prochaines semaines, nous devrons être plus solidaires que jamais. La mobilisation des 58 000 membres de la Fédération doit se poursuivre. Si vous ne l’avez pas déjà fait, signez la pétition que la FIQ a lancée le 20 juin dernier et demandez à vos proches de le faire aussi. Joignez votre voix aux dizaines de milliers de personnes et d’organismes qui appuient la Fédération dans ses négociations avec le gouvernement. La population, dont les professionnelles en soins font partie, est dorénavant confrontée à un défi collectif : celui de la survie du réseau public de santé. Et cette survie dépend des conditions de travail des professionnelles qui y travaillent.