FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Au-delà de la négociation

C’est avec un immense plaisir que j’ai accueilli la récente entente de principe conclue avec le gouvernement du Québec pour le renouvellement de la convention collective des professionnelles en soins. Les membres de la FIQ peuvent être fières d’être restées debout et de s’être battues pour la reconnaissance de leur travail.

L’année 2011 devrait donc débuter sur une note plutôt joyeuse. Par contre, tout n’est malheureusement pas réglé et nombre de dossiers occuperont la Fédération au cours des prochains mois, notamment celui de la lutte à la privatisation. Bien que, dans le cadre de la négociation, une cible nationale de réduction de 40 % du taux d’utilisation de la main-d’œuvre indépendante ait été fixée pour les professionnelles de la catégorie 1, et ce, d’ici l’échéance de la convention collective en 2015, le combat est loin d’être terminé. L’évolution du taux d’utilisation de la main-d’œuvre indépendante sera suivie de près par la FIQ.

Depuis plus de sept ans à la tête du Québec, le mode de gouvernance du gouvernement Charest est marqué par l’opacité de ses prises de décision et par une odeur entêtante de corruption. Rarement a-t-on vu une telle succession d’« affaires » démontrant la trop grande proximité et la complicité malsaine entre les élus du gouvernement et le secteur privé.

En ce sens, une grande vigilance s’impose en ce qui concerne l’avenir des services publics, et particulièrement celui du réseau public de santé. Que ce soit par le recours aux entreprises privées de placement en soins, par le développement des ressources intermédiaires, par le biais de projets en mode PPP ou d’ententes pour la réalisation de chirurgies en cliniques privées, toutes ces décisions n’ont qu’un seul et unique objectif : fournir des occasions d’affaires au secteur privé.

Pour la population du Québec, les conséquences sont désastreuses. Selon le gouvernement Charest, l’avenir du réseau de la santé passe par le toyotisme, l’avenir des soins passe par leur déshumanisation, l’avenir des patient-e-s passe sur une chaine de production minutée à la seconde près. Le bien de la collectivité n’est plus à la base des décisions. Pourtant, dans un récent sondage intitulé « Le Québec de mes rêves », les Québécois-es affirment nourrir de grands espoirs en matière de santé, notamment au regard de l’accès à un médecin de famille et aux délais d’attente dans les urgences. Le gouvernement devra vraiment rajuster le tir.

Pour affronter ces enjeux majeurs, la FIQ est appelée à poursuivre sa stratégie d’action afin de demeurer l’intervenante incontournable qu’elle a toujours été. La prochaine année sera assurément l’occasion de réaffirmer les valeurs qui animent les professionnelles en soins du Québec. Plus que jamais, toutes doivent poursuivre la lutte afin de mettre fin à la privatisation du réseau public de santé et trouver des solutions concrètes pour l’améliorer et le rendre attractif.

Joyeux Noël et bonne année!