FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

57e session de la CCF-ONU – En matière de droits des femmes, un recul serait inacceptable

Comment est-il possible, qu’en 2013, la violence envers les femmes soit encore tolérée? Comment concevoir que nous en soyons, encore en 2013, à discuter du droit des femmes sur leur propre corps?

Malgré la multitude de lois, d’accords et de conventions qui existent à l’échelle mondiale, il est troublant de constater que des femmes ne sont toujours pas convaincues que la planification des naissances devrait être un droit, qu’elles devraient pouvoir décider d’avoir ou non des enfants et, si oui, combien, à quel moment et dans quelles conditions.

Tout aussi troublante est l’influence des groupes religieux conservateurs, dont le Saint-Siège, sur les travaux de la Commission de la condition de la femme de l’ONU. Rappelons que le Saint-Siège détient un statut d’observateur permanent à l’ONU et n’a donc pas droit de vote. Malgré cela, on sait que, par le passé, ses représentants n’ont pas hésité à recourir à diverses tactiques afin d’exercer une forte pression sur les délégations des États membres, allant jusqu’à contacter personnellement des ministres afin de les convaincre d’adopter une position particulière lors des négociations de la CCF, même si cette position devait aller à l’encontre des politiques nationales d’un pays. Le mandat principal de la mission du Saint-Siège à l’ONU peut bien stipuler qu’il cherche à mettre fin aux violences envers les femmes et les enfants, on sait très bien que cette violence ne sera jamais éliminée tant que les femmes n’auront pas le droit d’exercer le plein pouvoir sur leur propre corps. En leur contestant ce droit, le Saint-Siège envoie un message fort à l’effet que les femmes sont encore des citoyennes de seconde classe.

Il est clair que le Saint-Siège et une bonne partie de la droite religieuse demeurent convaincus que le fait reconnaitre aux femmes leurs droits en matière de santé reproductive ouvrirait la porte à plus d’avortements et viendrait saper le rôle de la famille. Mais donner aux femmes le droit de choisir ne veut pas dire qu’elles vont chercher à avorter. Donner aux femmes l’accès à la planification familiale ne signifie pas qu’elles n’auront pas d’enfants. Les femmes doivent avoir le droit de choisir et de décider pour elles-mêmes.

Dans ce contexte, malgré que ONU-Femmes cherche à éviter que ne se reproduise l’échec vécu l’an dernier, ne serait-ce que pour préserver la crédibilité et la réputation de la CCF en tant qu’organisation internationale, les chances de parvenir à un accord d’ici la fin des travaux de la Commission semblent minces. Un accord demeure toutefois possible…  à la condition qu’on ne tente d’imposer aux femmes un recul forcé.