FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Un projet innovant pour des soins à échelle humaine : les petites maisons pour aînés

Un projet innovant pour des soins à échelle humaine : les petites maisons pour aînés

Depuis quelques années déjà, les statistiques nous font constater que le vieillissement de la population au Québec est bel et bien amorcé et qu’il continuera de s’accentuer au fil des prochaines années. Qui dit vieillissement, dit accessibilité aux soins, car à un moment donné, une personne âgée peut avoir besoin de soins en santé. À l’heure actuelle, les services publics de soutien à domicile ne répondent pas au groupe d’aînés nécessitant plus de 1,5 heure et moins de 3 heures de soins par jour. Évaluées selon des grilles spécifiques, ces personnes vulnérables en perte d’autonomie sont prises en charge par le réseau privé à but lucratif. Une situation dénoncée par la Fédération interprofessionnelle du Québec – FIQ qui met ses ressources à contribution pour la création d’un nouveau modèle d’hébergement géré par le réseau public.

Un projet pilote de petites maisons pour aînés dans Lanaudière Nord est actuellement à l’étude à la FIQ pour être lancé idéalement d’ici l’automne 2018. Réunissant des acteurs communautaires et de nombreux partenaires locaux, ces endroits offriront une alternative innovante aux personnes âgées qui se retrouvent au fil du temps avec des revenus moindres.

L’offre présente d’habitation exclut également les aînés considérés pour les uns « trop riches » pour accéder aux logements sociaux et pour les autres, « trop pauvres » pour assumer les coûts en résidence privée. Dans le but de pallier le manque créé par le système actuel, ce nouveau modèle d’hébergement répond aux besoins de la communauté en offrant des services adaptés et respectueux des personnes âgées, et ce, hors de toute logique marchande.

Une vision mettant l’humain au cœur des priorités

D’inspiration scandinave, les petites maisons donnent le pouvoir du choix aux personnes en perte d’autonomie. Celles-ci pourront donc choisir le lieu où recevoir des services adaptés à leurs besoins, allant du domicile au CHSLD public. En permettant la participation sociale dans leur communauté, on améliorera la santé des aînés tout en diminuant les probabilités de maladie et le développement de symptômes dépressifs.

À dimension humaine, ces lieux seront dotés de 16 à 20 chambres. Suffisamment spacieuse, chacune d’entre elles faciliterait les déplacements entre le lit, le fauteuil et la salle de bain attenante. Elle permettrait aussi de recevoir tout le matériel nécessaire pour répondre aux besoins des personnes à la suite d’une perte d’autonomie. Un espace de vie commun composé d’un salon, d’une salle à manger, d’une cuisine et d’un salon privé y sera également prévu.

Par ailleurs, la personne vivant dans ces habitations communautaires avec services prendra part à toutes les décisions qui la concernent. Elle peut ainsi décider d’y passer les derniers moments de sa vie plutôt que d’être transférée dans une autre ressource. Des soins et des services lui seront offerts dans un environnement sécuritaire tout en respectant ses besoins, son degré d’autonomie et son état de santé.

Des professionnelles en soins impliquées

Les petites maisons offrent un lieu dans lequel les professionnelles en soins peuvent être davantage impliquées. Ces dernières jouiront d’une autonomie leur permettant de s’épanouir à leur plein potentiel. Elles pourront mettre à profit tout leur champ de pratique pour agir tant en matière de prévention qu’en matière de soins.

Pour la FIQ, il est évident que les soins et les services offerts dans les petites maisons doivent être financés publiquement pour en assurer la qualité. C’est le réseau public qui doit assumer la prestation et la qualité des soins et des services offerts.

Un modèle d’hébergement en lien avec des politiques gouvernementales

Unique en son genre, ce projet pilote l’est tout aussi par sa démarche partenariale. Provenant d’horizons divers, les nombreux partenaires sont des experts dans leurs milieux respectifs, soit le développement de l’habitation communautaire, la prestation de services d’aide domestique et l’accès aux soins de santé. C’est exactement cette diversité d’acteurs qui fait la force de ce projet innovant et audacieux.

D’autres secteurs d’activités de l’économie sociale, comme l’alimentation, le transport, les loisirs et la culture, seront aussi mis à contribution. Cette réunion d’acteurs ayant des préoccupations et des enjeux divers contribuera au développement des entreprises d’économie sociale et à la valorisation de leur offre face aux défis du vieillissement démographique. Le projet pilote des petites maisons répond donc aux orientations et aux objectifs du Plan d’action gouvernemental en économie sociale 2015-2020, de la politique du ministère de la Famille et aînés « Vieillir et vivre ensemble » ainsi que de la politique de soutien à domicile du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Un projet de société tourné vers l’avenir

Les statistiques démontrent qu’en 2031, la proportion de Québécois ayant plus de 65 ans atteindra 25 %. Des services doivent donc être adaptés pour leur permettre de demeurer dans leur milieu de vie le plus longtemps possible. Le type d’hébergement, l’accessibilité à des soins de longue durée, l’accès à des soins à domicile et des soins de fin de vie ainsi que les logements collectifs devraient être au cœur des préoccupations des décideurs. Le nouveau modèle d’hébergement avec soins répond à tout cela sous un même toit!

Car, comme le dit si bien le proverbe allemand : « On ne déracine pas un vieil arbre ».


Retranscription d’un article paru dans l’édition du printemps 2017 de la revue Municipalité+Famille