FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Protocole de réanimation simplifié de la COVID-19 pour tous milieux de soins prenant en charge des usagers hors des hôpitaux : ce que vous devez savoir

Protocole de réanimation simplifié de la COVID-19 pour tous milieux de soins prenant en charge des usagers hors des hôpitaux : ce que vous devez savoir

Le 9 avril 2020, le gouvernement a émis un Protocole de réanimation simplifié de la COVID-19 pour tous milieux de soins prenant en charge des usagers hors des hôpitaux.

Selon ce protocole, lorsqu’une personne est en arrêt cardio-respiratoire ailleurs que dans un hôpital :

  • Si la personne est inconnue ou que son statut COVID-19 est inconnu, probable ou positif OU que le milieu de soins est en éclosion de COVID-19, il ne faut ne pas faire de massage cardiaque
  • Si une personne est connue, ne présentait aucun symptôme et/ou avait un test de la COVID-19 négatif récemment, il faut faire un massage cardiaque.

Comme la plupart des professionnelles en soins œuvrant en CHSLD n’ont pas l’équipement de protection nécessaire, notamment des masques N95 et que les manœuvres de réanimation sont des manœuvres à haut risque pour la transmission du virus, il est clair pour la FIQ que ce protocole nie les recommandations de l’INSPQ sur l’utilisation du N95 en situation de haut risque.

Le manque de clarté du protocole fait reposer la décision de réanimer sur les épaules de la professionnelle en soins, avec toutes les conséquences qui peuvent en découler tant sur le plan déontologique que sur le plan de la santé et de la sécurité du travail.

Les professionnelles en soins font face à un conflit éthique, dès lors qu’on leur demande de ne pas intervenir auprès d’un patient en détresse puisque réanimer sans protection comporte un haut risque de contamination et que ne pas réanimer peut exposer la professionnelle en soin à des conséquences d’ordre déontologique.

La position de la FIQ

La FIQ ne cautionne pas :

  • le fait de mettre les professionnelles en soins en danger ;
  • le fait de mettre les professionnelles en soins en conflit avec leurs obligations déontologiques et leurs obligations de porter secours ;
  • le fait de créer deux catégories de patients : ceux en CHSLD auront droit à moins de soins que ceux en milieu hospitalier.

La FIQ demande aux employeurs et aux ordres professionnels :

  • Que les employeurs respectent leur obligation de fournir l’équipement de protection nécessaire (les masques N95) pour permettre aux professionnelles en soins d’intervenir promptement auprès d’un patient lorsque son état de santé l’exige.
  • Que la gestion des équipements de protection individuelle soit centralisée et que les masques soient rapatriés, au besoin, dans les centres d’activités où il n’y en a pas.
  • Que les ordres professionnels confirment aux professionnelles en soins qu’en l’absence de masques N95, si elles ne réaniment pas un patient, elles ne subiront aucune conséquence d’ordre déontologique.

La FIQ est toujours là pour défendre ses membres avec vigueur devant leur ordre professionnel.

Si vous vous retrouvez dans une telle situation :

  • Continuez d’exiger les équipements de protection nécessaires.
  • Si les équipements de protection nécessaires ne sont pas disponibles et que vous jugez que la manœuvre de réanimation vous met à risque ou met à risque des tiers, ne la faites pas personnellement et demander du secours.
  • En cas d’insatisfaction de la part de tiers (familles et proches, patients), transmettez toute plainte à votre employeur et au gouvernement.

Protéger les professionnelles en soins, c’est favoriser l’effort collectif pour réduire la transmission du virus dans la collectivité.