FIQ (Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec)

Enquête à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) et au sujet de la catastrophe à la Résidence Herron

Enquête à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) et au sujet de la catastrophe à la Résidence Herron

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-FIQ salue la volonté concertée des ordres professionnels, le Collège des médecins du Québec (CMQ), l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) ainsi que l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ), de déclencher une enquête à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) et au sujet de la catastrophe à la Résidence Herron, et souhaite que la mobilisation collective des acteurs concernés inspire le gouvernement du Québec à instaurer des changements dans les CHSLD et les autres établissements de santé.

« Dans un contexte d’Omerta, nous espérons que cette enquête brisera la loi du silence dans les soins aux personnes âgées, et que la voix des ordres professionnels s’ajoutera enfin à celles de nos membres qui, elles aussi, souhaitent protéger le public. Cette responsabilité repose trop souvent au quotidien sur les épaules des professionnelles en soins. C’est un constat qui doit être fait collectivement, si tous les acteurs de la santé collaborent, nous pourrons vraiment changer la situation. »

Nancy Bédard, présidente de la FIQ

La FIQ et ses membres sont au front depuis le début de la pandémie, et elles sont très préoccupées par la situation traumatique vécue dans les CHSLD par nos aînés, ainsi que par les mauvaises conditions de travail des personnes qui travaillent dans les CHSLD.

Depuis de nombreuses années, la FIQ, mais aussi de nombreux organismes, dont la Protectrice du citoyen, le bureau du coroner, la commission de la santé et des services sociaux, la FADOQ, se sont prononcés à propos de la pauvreté inacceptable des soins, parlant même de maltraitance organisationnelle dans certains CHSLD. « Pour les professionnelles en soins, les faits sont là. Nos membres nous rapportent, depuis plusieurs années, qu’elles n’ont plus les conditions qui leur permettent de donner des soins sécuritaires et de qualité, il manque de personnel de façon chronique, la surcharge de travail est constante, les gestionnaires rationnent les soins, les CHSLD sont à l’agonie et malheureusement, nous en faisons le triste constat aujourd’hui. », déclare Nancy Bédard, présidente de la FIQ.

La FIQ dénonce également l’impossibilité pour les professionnelles en soins de témoigner de la détérioration du réseau sans se sentir menacées. La protection du public dépasse aujourd’hui officiellement la responsabilité professionnelle individuelle, il faut s’assurer que les professionnelles en soins aient des conditions qui leur permettent d’exercer leurs fonctions de façon sécuritaire. « Dans un contexte d’Omerta, nous espérons que cette enquête brisera la loi du silence dans les soins aux personnes âgées, et que la voix des ordres professionnels s’ajoutera enfin à celles de nos membres qui, elles aussi, souhaitent protéger le public. Cette responsabilité repose trop souvent au quotidien sur les épaules des professionnelles en soins. C’est un constat qui doit être fait collectivement, si tous les acteurs de la santé collaborent, nous pourrons vraiment changer la situation. », ajoute Nancy Bédard.

Pour la FIQ, il y a déjà des solutions, dont l’implantation de ratios sécuritaires professionnelles en soins patient-e-s. « La solution des ratios dépasse les frontières entre le gouvernement et les syndicats, et du public et du privé, c’est une question de santé publique pour tous les citoyens québécois. Le Québec ne pourra plus passer outre les conclusions des experts et doit garantir un véritable droit aux soins pour tous. Cela passe par l’adoption de normes professionnelles quantitatives, les ratios de soins sécuritaires, et surtout par l’amélioration des conditions de travail. », insiste Nancy Bédard.