La sécurité des soins commence par des équipes en mesure de soigner
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Julie Bouchard
Présidente
17 septembre 2026
Chaque 17 septembre, la Journée mondiale de la sécurité des patient-e-s nous rappelle que la qualité des soins ne peut être dissociée de leur sécurité. Cette journée, instaurée par l’Organisation mondiale de la Santé, vise à sensibiliser l’opinion publique, à mieux faire connaître cet enjeu partout dans le monde, à encourager la solidarité et à susciter une action concrète à l’échelle internationale. Au Québec aussi, cet appel doit résonner avec force. Car derrière les indicateurs, les tableaux de bord et les réformes, il y a des personnes qui attendent, qui souffrent, qui espèrent recevoir les bons soins, au bon moment, dans des conditions sécuritaires.
On le répète depuis longtemps : la sécurité des patient-e-s passe d’abord par des conditions de travail qui permettent aux infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques d’effectuer leur travail correctement. Quand une professionnelle en soins est responsable de trop de patient-e-s, quand les remplacements manquent, quand les heures supplémentaires deviennent la norme, le risque d’erreur augmente, la surveillance clinique diminue et la détresse morale s’installe. Ce n’est pas une question de dévouement. Le personnel en soins en donne déjà énormément. C’est une question d’organisation du travail, de planification et de courage politique.
Protéger les patient-e-s, c’est aussi protéger celles qui les soignent.
Les solutions existent pourtant. Il faut renforcer la première ligne pour éviter que l’urgence devienne la porte d’entrée par défaut. Il faut déployer de vrais ratios sécuritaires entre les professionnelles en soins et les patient-e-s. Il faut aussi mieux reconnaître et utiliser l’expertise de toutes les professionnelles du réseau.
En cette Journée mondiale de la sécurité des patient-e-s, le Québec doit choisir ce qu’il veut défendre : un réseau qui s’épuise à colmater les brèches ou un réseau public fort, humain et sécuritaire. La solidarité dont parle cette journée ne doit pas rester un principe abstrait. Elle doit se traduire en décisions concrètes.
Au moment où la campagne électorale bat son plein et que les promesses s’accumulent, cette journée prend tout son sens. Écouter les patient-e-s, oui. Mais aussi écouter les professionnelles en soins qui voient chaque jour où le système tient… et où il craque. La sécurité des patient-e-s, c’est une responsabilité collective. Et elle commence par la volonté politique de donner enfin au réseau public les moyens de soigner, sans compromis.
Julie Bouchard, présidente
Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ