Les syndicats, des chialeux de service?
Cet article a été publié dans la troisième édition du magazine La Résonance

Jouer son rôle politique, ce n’est pas chialer!
Est-il possible d’améliorer les conditions de travail des professionnelles en soins sans faire de politique? Quand un projet de loi réforme le réseau de la santé, que des décisions budgétaires sabrent dans les soins et les services ou que des choix politiques ont des répercussions sur les conditions de travail de ses membres, est-ce que le syndicat peut demeurer les bras croisés? Poser la question, c’est y répondre!
Pour améliorer quelque chose, il faut d’abord identifier les problèmes (certaines personnes appelleront ça chialer). Il faut soulever les enjeux, critiquer les politiques qui auront des effets négatifs et demander des changements.
Depuis quelques années, on tente de réduire le rôle des syndicats à sa plus simple expression : négocier une convention collective et faire respecter les droits des membres. C’est effectivement ce qui occupe le plus gros de leur travail, mais limiter ainsi leur rôle, c’est se priver d’un levier puissant : la force collective.
Les professionnelles en soins sont les mieux placées pour identifier des solutions pour améliorer le réseau de la santé, et c’est en se regroupant – à travers le syndicat – que ces solutions ont le plus de chance d’être entendues. Là est notre réel pouvoir pour faire avancer la société et contrebalancer les choix injustes des décideurs!
La FIQ, c’est 90 000 professionnelles en soins qui se mobilisent pour demander des changements.
Des congés payés, normes de santé et de sécurité du travail, financement public du réseau de la santé, retrait de la main-d’œuvre indépendante, et bien d’autres!
Des manifestations, campagnes de sensibilisation, marches, grèves, dépôt de pétitions, etc.
Représentation politique
Il ne faut pas se leurrer, les syndicats n’ont pas les moyens de faire du lobby intensif comme le patronat et les grandes multinationales. Par contre, il y a quand même des lieux où ils peuvent se faire entendre et influencer les lois avant qu’elles ne soient adoptées. Il y a des angles morts qu’il faut indiquer aux législateurs!
Oui, les syndicats sont critiques, mais on ne peut pas dire qu’ils ne proposent pas de solutions! Depuis 2021, la FIQ a déposé 35 mémoires et avis à l’Assemblée nationale, des documents qui analysent les projets de loi et qui proposent des solutions pour les améliorer. Les sujets de ces mémoires et avis sont variés : soins à domicile, champs de pratique, budget, vaccination, régime de négociation, télémédecine, violence, etc.
Les étapes d’un dépôt d’un projet de loi
- Analyse des effets sur a) les membres, b) le réseau de la santé et c) les finances publiques
- Préparation d’un avis ou d’un mémoire
- Présentation en commission parlementaire
- Amendements et adoption du projet de loi
Information aux membres
Ne vous inquiétez pas : pendant la campagne électorale, le rôle d’un syndicat n’est pas de dicter à ses membres pour qui voter.
La FIQ analyse les plateformes des partis politiques à la lumière des intérêts des professionnelles en soins pour que toutes puissent faire un choix éclairé. Elle produit une trousse électorale qui tient compte d’enjeux comme l’accès à la première ligne, la surcharge de travail, les ratios sécuritaires, la place du privé en santé et les changements liés à Santé Québec. Des enjeux qui nous touchent chaque jour.
Promesses
- Rigueur budgétaire + partenariats avec le privé en santé = effets négatifs sur le réseau
- Valorisation des services publics + mesures fiscales de redistribution de la richesse = effets positifs sur le réseau
Justice sociale
À qui profitent les inégalités? Certainement pas aux professionnelles en soins! L’accès à un logement abordable, à un revenu décent, à une éducation publique de qualité et à un environnement sain a des impacts sur la santé de la population, et donc sur notre travail. Être solidaires de causes qui ne nous touchent pas personnellement est essentiel : c’est ainsi qu’on peut créer un mouvement collectif vers l’égalité et l’équité. L’union fait la force!