Amélioration de la première ligne | Une entente entre la FIQ et le MSSS clarifie le rôle des IPS en GMF

Québec, le 20 mars 2026 — Un accord est intervenu le 16 mars entre la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) afin d’améliorer la prise en charge des patient‑e‑s en première ligne. Cette entente vient notamment clarifier et encadrer le rôle des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) au sein des groupes de médecine de famille (GMF), dans une perspective d’accès accru aux soins et d’organisation plus fluide des services pour la population.

Depuis plusieurs années, la FIQ revendique une véritable autonomie de pratique pour les IPS. Or, malgré l’adoption en 2021 de la Loi modifiant la Loi sur les infirmières et les infirmiers et d’autres dispositions afin de favoriser l’accès aux services de santé (Loi 6), la possibilité pour les IPS d’inscrire directement des patient‑e‑s est demeurée, jusqu’à récemment, fortement limitée. Les discussions menées avec le MSSS ont permis de faire évoluer le modèle d’entente de collaboration entre les médecins et Santé Québec afin de lever ces obstacles et de favoriser l’inscription et le suivi des patient‑e‑s par les IPS.

« Ce que l’accord vient dire clairement, c’est que les IPS et les médecins travaillent ensemble sur une base de collaboration, sans rapport de hiérarchie. On a aussi obtenu des garanties importantes : les IPS qui le souhaitent pourront inscrire leurs propres patient‑e‑s, ce qui va améliorer l’accès aux soins », souligne Jérôme Rousseau, vice‑président du secteur Organisation du travail et Pratique professionnelle et du secteur Négociation à la FIQ.

Les échanges ont également permis d’aborder de manière approfondie les enjeux liés à l’inscription individuelle des patient‑e‑s en GMF, notamment dans les situations de départ ou d’absence prolongée d’une IPS. « La version révisée de l’entente de collaboration repose désormais sur une approche de concertation respectueuse des rôles et des responsabilités de chacun », ajoute le vice-président.

Concrètement, l’entente confirme que l’IPS est exclusivement employée par Santé Québec, que la relation avec les médecins demeure strictement professionnelle et collaborative, et qu’une procédure de transition encadre les mouvements de personnel sans limiter les droits des IPS. Elle prévoit également que Santé Québec dispose des leviers nécessaires pour intervenir si un GMF s’oppose à l’inscription de patient‑e‑s par les IPS.

« On a maintenant un cadre clair qui protège les droits des IPS, assure la continuité des soins et permet une meilleure intégration de leur expertise en première ligne. L’objectif est simple : une organisation des soins plus efficace et réellement centrée sur les besoins de la population », conclut Jérôme Rousseau.

À propos de la FIQ

Créée en 1987, la FIQ représente près de 90 000 professionnelles en soins (infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques) qui travaillent dans les établissements de santé à travers le Québec. Organisation féministe composée à près de 90 % de femmes, la FIQ se consacre à la défense des droits de ses membres, tout en veillant à la qualité des soins offerts à la population et à la pérennité du réseau public de santé.