Investir dans la première ligne pour diminuer la surcharge
Cet article a été publié dans la deuxième édition du magazine La Résonance
Une première ligne forte est essentielle pour diminuer la surcharge dans le réseau de la santé, en plus de réduire le taux de mortalité et d’alléger la pression sur les services d’urgence.
Champ de pratique pleinement exercé et élargi
Imaginez ce que les professionnelles en soins pourraient apporter aux services de première ligne si elles avaient la possibilité d’exercer tous les pouvoirs que leur confère leur champ de pratique : prescrire des tests diagnostiques, certains médicaments et des traitements pour la cessation tabagique, ou référer à d’autres professionnel-le-s de la santé, par exemple. Ce n’est pas irréaliste, c’est même une solution incontournable pour améliorer la première ligne. C’est aussi le gros bon sens de permettre aux professionnelles en soins de prodiguer l’ensemble des soins pour lesquels elles ont été formées.
Retour des soins de proximité dans le public (vive les CLSC et les soins à domicile!)
La clé d’une première ligne qui répond aux besoins de la population est la proximité. Les investissements colossaux réalisés dans les groupes de médecine familiale n’ont aucunement facilité l’accès à la première ligne, mais plutôt contribué à la privatisation de la porte d’entrée du réseau public de santé. Aujourd’hui, les points de services publics ferment, ce qui laisse des populations entières sans service de proximité. Le gouvernement doit revigorer les CLSC et les soins à domicile afin d’offrir des soins de première ligne publics, équitables et accessibles.
Prévention accrue
Le réseau de la santé est axé sur les centres hospitaliers et la pratique médicale. Les efforts de prévention sont souvent sous-estimés. Toutefois, dans le contexte de surcharge et de vieillissement de la population, il est nécessaire de réduire la demande, en plus d’augmenter l’offre. Tout le monde le sait, il vaut mieux prévenir que guérir!
L’enseignement par les inhalothérapeutes et la rééducation aident à retrouver la capacité respiratoire et à prévenir les hospitalisations et les consultations à l’urgence.
L’enseignement sur le diabète et la surveillance clinique infirmière, tout comme la contribution de l’infirmière auxiliaire en CLSC pour reconnaître les signes d’hypoglycémie et d’hyperglycémie, préviennent les complications du diabète.
Première ligne = 9 % du budget total en santé
En 2020, le gouvernement a transféré 340 millions de dollars des CLSC vers les GMF, ce qui a entraîné une réduction de 42 % des heures consacrées aux services sociaux et de 52 % des services psychosociaux.
Le gouvernement doit revoir ses priorités!