No 02 – Printemps 2026
Mot de la présidente

Surchargées chacune dans son coin
Avec le temps, la surcharge de travail a été banalisée dans le réseau de la santé. Plus personne n’est surpris quand les urgences débordent, quand les équipes roulent à moins deux ou quand un troisième plan de contingence est imposé. Mais en aucun cas la surcharge ne devrait être normalisée. Ça ne devrait pas faire partie de la game.
Vous l’aurez compris, pour cette deuxième édition de La Résonance, on a décidé de parler de surcharge de travail. Ne vous inquiétez pas, l’objectif n’est pas de vous expliquer pourquoi vous êtes surchargées, mais plutôt de proposer des solutions pour enfin sortir de cet engrenage.
La surcharge peut être décourageante, mais les luttes du passé nous ont montré que la force collective permet de faire avancer nos revendications pour améliorer nos conditions de travail, même lorsque ça semble impossible. Ce que je vous propose, c’est de travailler ensemble pour arrêter d’être surchargées chacune dans son coin. On se lance?
Julie Bouchard, présidente de la FIQ
Mot du comité Communication

Chères collègues,
Vous pouvez être certaines que l’équipe du magazine n’a pas chômé depuis l’automne dernier. Son objectif : démontrer que, malgré le discours des gestionnaires, la surcharge de travail n’est pas une fatalité.
Qu’est-ce qui se fait dans les établissements pour contrer la surcharge? Quelles stratégies peut-on mettre en place? Comment l’organisation du travail a-t-elle évolué au fil du temps? Y a-t-il des solutions viables? Voici quelques-unes des questions qui seront abordées dans les prochaines pages.
D’un milieu de soins à l’autre, nous avons des réalités différentes, mais nous faisons face à des enjeux similaires en matière de surcharge de travail. Serrons-nous les coudes, on peut faire changer les choses!
Bonne lecture!
Comité Communication 2025-2029 / Jean-Sébastien Blais – Syndicat interprofessionnel en soins de santé de l’Abitibi-Témiscamingue / Kathy Lagacé – Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent / Aurélie McBrearty – Syndicat des Professionnelles et Professionnels en soins de santé du CHUM / Amélie Mercier – Syndicat interprofessionnel du CHU de Québec / Bianca Morin Tremblay – Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay–Lac-Saint-Jean
Articles

Investir dans la première ligne pour diminuer la surcharge
Une première ligne forte est essentielle pour diminuer la surcharge dans le réseau de la santé, en plus de réduire le taux de mortalité et d’alléger la pression sur les services d’urgence.

Le poids invisible de la surcharge
Au-delà du volume de tâches et du nombre de patient-e-s toujours en hausse, une multitude de facteurs invisibles surchargent ou entraînent de la détresse chez les professionnelles en soins.

Lutter contre la surcharge ou comment manger un éléphant
Savez-vous comment manger un éléphant? Une bouchée à la fois. Agir contre la surcharge, c’est un gros mandat qui peut facilement être décourageant. Mais la mobilisation des équipes de travail et l’action syndicale demeurent les meilleurs moyens pour lutter contre le cynisme et dénoncer les effets dangereux de la surcharge sur les soins, un département à la fois.

Évolution des conditions de travail
Le réseau de la santé a grandement évolué à travers les époques. Qu’est-ce qui a changé dans nos conditions de travail? Quels ont été nos défis? Rien de mieux qu’une ligne du temps pour dresser le portrait de la situation.

Luttes impossibles, loufoques ou facultatives
Les conditions de travail et de vie qu’on connaît aujourd’hui n’ont pas toujours été ce qu’elles sont maintenant. Certains avantages qu’on considère comme des acquis ne nous ont pas été donnés de bonté de cœur par les gouvernements ou par les employeurs : ils ont été gagnés à coup de mobilisation et de pressions constantes. Voici trois luttes impossibles, loufoques ou facultatives gagnées grâce à la ténacité et au courage des organisations syndicales et de leurs membres.

Pourquoi est-ce qu’on reste dans le réseau public?
Pourquoi est-ce qu’on reste dans le réseau public? Voilà une question qu’on s’est toutes posée à un moment ou à un autre. Virginie Beffort, infirmière clinicienne depuis 2015 dans divers milieux, notamment au Centre antipoison et à l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Lévis, trouve les mots justes pour répondre à cette question.

Dénoncer la surcharge : la mobilisation paie
La campagne « CHU à boutte! » a été lancée au printemps 2025 par des professionnelles en soins de la maternité de l’Hôpital Fleurimont. Épuisées par le TSO abusif imposé par leur employeur et après des mois de démarches infructueuses, elles ont commencé à porter un autocollant sur leur uniforme et à apposer quelques affiches pour dénoncer la situation. Rapidement, la direction du CIUSSS de l’Estrie – CHUS s’est opposée à leur campagne de visibilité en tentant tout d’abord de l’encadrer, puis en interdisant toute forme d’affichage et en menaçant l’équipe de sanctions disciplinaires.

Pratico–pratique : peut-on refuser un TSO?
Situations urgentes et exceptionnelles? Non. TSO comme mode de gestion? Oui. Capacités affaiblies? Oui.
