Le poids invisible de la surcharge
Cet article a été publié dans la deuxième édition du magazine La Résonance
Au-delà du volume de tâches et du nombre de patient-e-s toujours en hausse, une multitude de facteurs invisibles surchargent ou entraînent de la détresse chez les professionnelles en soins.
Tonne de paperasse à remplir
Les statistiques ajoutent un poids additionnel sur les épaules des professionnelles en soins, mais elles ne donnent pas de plus-value aux soins. Elles ne font que rassurer les directions qui ont ainsi l’impression de mesurer le travail sur le plancher.
Hypervigilance constante
Rouler en sous-effectif implique que la crise n’est jamais bien loin et qu’un exercice de priorisation des urgences doit être fait en continu. Ça peut devenir très stressant.
Tâches à prioriser qui impliquent de laisser tomber certains fondements de la profession
Écouter ses patient-e-s, rassurer la famille et offrir du soutien, ce n’est pas facultatif et ça demande du temps.
Obligations multiples non liées aux soins
Former et évaluer du personnel non qualifié embauché pour alléger la tâche, rechercher un stationnement en soins à domicile, etc. Ça fait partie du travail et c’est difficilement mesurable.
Sentiment d’impuissance et de frustration quand on ne peut pas donner les meilleurs soins
Il y a contradiction entre ce qu’on devrait faire et ce qu’on peut faire, ce qui peut créer un déséquilibre moral.
L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans le réseau de la santé met en évidence la nécessité de rendre visible ce qui ne l’est pas. L’IA repose sur des données concrètes : ce qui n’est pas mesuré n’existe tout simplement pas pour elle. Ainsi, si la surcharge invisible reste ignorée, l’IA ne sera pas une solution, mais plutôt un facteur aggravant.