Politique sur les soins et services de première ligne | La FIQ salue des intentions prometteuses

Québec, le 27 mars 2026 — La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ accueille avec intérêt la toute première Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne dévoilée aujourd’hui par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Cependant, la Fédération s’interroge sur la manière dont les objectifs annoncés seront concrètement atteints.

La volonté d’instaurer une responsabilité populationnelle et de mieux ancrer les soins dans les réalités territoriales, notamment en redonnant ses lettres de noblesse au CLSC, rejoint des principes que la FIQ défend depuis longtemps. « C’est encourageant. Enfin, on parle de proximité, de vision d’ensemble, de responsabilité envers une population. Les CLSC sont présents partout au Québec et bien ancrés dans leur territoire. Ça, c’est positif », souligne Julie Bouchard, présidente de la FIQ.

Pour que cette vision se matérialise, il faudra toutefois que Santé Québec réalise réellement la décentralisation annoncée et accorde aux CLSC les leviers nécessaires pour exercer une véritable gouvernance de proximité. À cet égard, la FIQ accueille favorablement l’intention de leur confier un rôle central dans l’accueil, l’orientation et la coordination des services.

Dans cette même logique de renforcement de la première ligne, la Fédération salue la reconnaissance accordée aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS), positionnées comme des actrices incontournables de l’amélioration de l’accès aux soins. L’annonce de nouvelles cliniques d’IPS constitue un signal positif, tout comme leur intégration au cœur des équipes interdisciplinaires. « Nous y voyons un signal cohérent avec la nécessité de mieux valoriser le plein champ de pratique des professionnelles en soins afin de répondre aux besoins croissants de la population », ajoute Mme Bouchard.

Cependant, cette reconnaissance ne doit pas occulter le rôle essentiel des CLSC comme prestataires de soins. « Ce sont aussi des soins et des services qui doivent être dispensés par des équipes multidisciplinaires dans les CLSC. Les CLSC ne doivent pas simplement devenir un nouveau guichet d’accès », rappelle la présidente. « Si on ne fait que référer les patient-e-s à des GMF ou les rediriger vers des autosoins, on perd l’essentiel de cette nouvelle vision. »

La Politique prévoit également l’intégration d’agents conversationnels dans les comptes numériques des patient-e-s afin de les orienter vers des autosoins ou des services appropriés. Pour la FIQ, cette orientation technologique soulève plusieurs préoccupations, notamment le risque de substitution au jugement clinique des professionnelles en soins. Elle s’inscrit dans une logique de déprofessionnalisation où l’autosoin peut, en pratique, remplacer l’intervention du personnel soignant.

En conclusion, la Fédération rappelle que la réussite de cette Politique repose sur la mobilisation de l’ensemble des professionnelles en soins et sur le renforcement des équipes interdisciplinaires dans toutes les régions du Québec. « Il faut permettre aux professionnelles en soins d’exercer pleinement leur champ de pratique, reconnaître leur autonomie professionnelle et miser sur des équipes solides et bien organisées. De plus, la Politique devra être accompagnée d’un budget dédié, conséquent et structurant. Autrement, on risque encore de manquer le rendez-vous », conclut Mme Bouchard.

À propos de la FIQ

Créée en 1987, la FIQ représente près de 90 000 professionnelles en soins (infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques) qui travaillent dans les établissements de santé à travers le Québec. Organisation féministe composée à près de 90 % de femmes, la FIQ se consacre à la défense des droits de ses membres, tout en veillant à la qualité des soins offerts à la population et à la pérennité du réseau public de santé.