Ratios sécuritaires en santé : centrés sur l’humain

18 février 2026

Soin : Du latin sonium « fait de s’occuper de ».  
Acte destiné à assurer la conservation ou l’amélioration de la santé de quelqu’un. Attention portée à quelque chose.  

Dans le réseau de la santé, on entend généralement parler de budget à resserrer, de listes d’attente à rattraper et d’indicateurs de performances à respecter. Pourtant, au cœur des soins, il y a d’abord et avant tout des humains.  

Quand on dit que des ratios sécuritaires sont une solution pérenne pour le réseau de la santé, c’est précisément parce qu’ils mettent l’humain au cœur des soins : des professionnelles en soins d’un côté, des patient-e-s de l’autre, avec comme résultat des soins de santé de qualité et sécuritaires.  

En ce moment, au Québec, il n’y a aucune norme de sécurité quant au nombre de patient-e-s qu’une professionnelle en soins peut avoir à sa charge. Les gestionnaires peuvent toujours leur demander d’en faire plus. Avec des ratios sécuritaires, qui sont en fait une norme minimale de sécurité, la situation serait bien différente.  

L’équation est simple : pour donner des soins de qualité et sécuritaires à X patient-e-s qui ont des problèmes de santé similaires, il faut un minimum de Y professionnelles en soins.  

S’il y a moins de professionnelles en soins, c’est risqué, à la fois pour elles et leurs patient-e-s. Parce qu’elles n’ont pas le temps d’effectuer toutes leurs tâches selon les standards professionnels, elles risquent la surcharge de travail, l’épuisement et les absences. Les patient-e-s, de leur côté, risquent de subir des évènements indésirables : erreurs de médicaments, complications, chutes et nombreux allers-retours à l’hôpital. Il y a même un plus grand risque de mortalité. Alors oui, des ratios sécuritaires, ça sauve des vies.  

Des ratios qui s’adaptent aux besoins des patient-e-s  

Contrairement à la santé, des normes de sécurité existent en petite enfance, en éducation ou même en aviation. Pourtant, la situation est semblable : quand il y a trop de patient-e-s dans une unité, trop d’élèves dans une classe ou trop d’enfants dans un groupe de garderie, la personne responsable n’est pas en mesure d’accomplir toutes ses tâches. 

De la même manière que les ratios dans les classes changent selon l’âge des enfants et leur niveau d’apprentissage, les ratios en soins de santé sont différents selon les centres d’activité et l’état de santé des patient-e-s. On ne soigne pas des résidents en CHSLD comme on soigne un-e patient-e aux soins intensifs.  

Et puisque soigner ça se fait d’abord et avant tout en équipe, les ratios servent aussi à planifier l’organisation des soins, en déterminant le nombre total de professionnelles en soins que doit compter une équipe de soins, pour assurer une réelle répartition de la charge de travail et des soins qui respectent la dignité des patient-e-s. 

En plus, les ratios sécuritaires en santé sont rehaussables. Il y a une éclosion d’influenza? Un agrandissement dans une unité qui complexifie la surveillance des patients? Des facteurs de comorbidité plus importants? On ajoute du personnel pour répondre aux besoins des patient-e-s.  

 

Des exemples de ratios sécuritaires en santé  

Aire des civières à l’urgence – En tout temps  

1 dyade infirmière + infirmière auxiliaire pour 6 patient-e-s OU  
1 infirmière pour 4 patient-e- 

CHSLD  

Le jour : 1 dyade infirmière + infirmière auxiliaire pour 20 patient-e-s  

La nuit : 1 dyade infirmière + infirmière auxiliaire pour 27 patient-e-s  

Avec une clientèle particulière, comme dans une unité prothétique : on ajoute 25 % de personnel  

Des exemples de ratios sécuritaires dans d’autres domaines  

Classe de 1re année  

1 enseignante pour un maximum de 22 élèves 
Conventions collectives des enseignantes  

Vol commercial

agent-e de bord pour 50 sièges passagers 
Règlement de l’aviation canadien

Centre de la petite enfance (CPE)

1 éducatrice pour un maximum de 8 enfants de 2 ans 
Règlement sur les services de garde éducatifs à l’enfance