Ratios sécuritaires | Le Manitoba devient la première province canadienne à déposer un projet de loi
12 mars 2026Une avancée importante vient d’être annoncée au Canada, grâce à la mobilisation des infirmières et de leur syndicat au Manitoba.
Le gouvernement manitobain a déposé deux projets de loi pour réduire le temps supplémentaire obligatoire des infirmières et instaurer des ratios sécuritaires dans les établissements de santé.
Ces projets de loi sont le fruit d’années de mobilisation du syndicat des infirmières du Manitoba. Ce dernier réclame des mesures concrètes pour améliorer les conditions de travail de ses membres et la sécurité des soins de la population.
À l’heure actuelle, dans plusieurs milieux de soins, les équipes travaillent en surcharge. Le manque de personnel entraîne souvent du temps supplémentaire obligatoire.
Cela crée un cercle vicieux. Les équipes s’épuisent. Le personnel quitte. La pénurie s’aggrave.
Une dynamique bien connue au Québec.
Le projet de loi 26 (Bill 26) vise à limiter le recours au temps supplémentaire obligatoire dans le réseau de la santé. Il permettrait au ministre de la Santé d’établir des repères pour en réduire l’utilisation dans certains secteurs.
Le projet de loi 28 (Bill 28) permettrait d’établir des ratios infirmières/patient-e-s par règlement. Il prévoit aussi des mécanismes pour s’assurer que les établissements se conforment à cette réglementation et respectent ces ratios.
S’ils sont adoptés, ces projets de loi représenteraient une première initiative législative de ce type au Canada.
Au Québec, la FIQ réclame des ratios sécuritaires
Au Québec, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) réclame depuis plusieurs années l’implantation progressive de ratios sécuritaires dans le réseau public de santé. D’ailleurs, par le passé, des projets ont été expérimentés dans certains milieux de soins et ils ont porté fruit.
Le principe est simple : établir une présence minimale de professionnelles en soins pour un groupe de patients ayant des conditions de santé similaires. Ce seuil minimum est ajustable à la hausse, selon les besoins des patients.
Les ratios donnent aux équipes le temps de soigner adéquatement. Ils réduisent la surcharge, améliorent la satisfaction au travail, réduit l’épuisement et freinent l’exode du personnel.
Cette semaine, la FIQ participe d’ailleurs à la première conférence sur les ratios professionnelles en soins organisée par le syndicat des infirmières de la Colombie-Britannique (British Columbia Nurses’ Union) à Vancouver, qui réunit des expert-e-s et des organisations du Canada et d’ailleurs dans le monde.
Une solution qui existe déjà ailleurs
Les ratios sécuritaires existent déjà dans plusieurs juridictions, notamment dans plusieurs états de l’Australie et des États-Unis.
Les résultats sont clairs. Les conditions de travail s’améliorent. La rétention du personnel aussi. Et la qualité et la sécurité des soins augmente tant pour le personnel que pour la population. Plus encore, les ratios sauvent des vies et peuvent générer des économies.
L’initiative du Manitoba montre qu’il est possible d’agir ici au Canada et que la mobilisation des professionnelles en soins peut mener à des résultats concrets.
Pour la FIQ, le message est clair : les ratios sécuritaires sont le remède pour l’avenir du réseau public de santé.
