À la rencontre de celles qui soignent au Nord!
4 juin 2026Du 10 au 14 mai derniers, la présidente Julie Bouchard, accompagnée des vice-présidents Jérôme Rousseau et Sébastien Bouchard, est allée à la rencontre des professionnelles en soins qui soignent au Nord. Parcourant des centaines de kilomètres par voies aérienne et terrestre, les trois responsables politiques ont visité 8 villages cris et inuits des baies d’Ungava, d’Hudson et de la Baie James.
Plusieurs points de convergence unissent les professionnelles en soins travaillant dans ces trois baies : le rôle élargi stimulant des infirmières et la diversité de la pratique pour l’ensemble des professionnelles en soins, l’importance des liens précieux et de confiance tissés avec les gens des communautés crie et inuit, l’absence de hiérarchisation entre le personnel, y compris avec les médecins et bien évidemment, les espaces naturels incommensurables dont elles peuvent profiter au quotidien.
On peut sans se trop tromper affirmer que l’expression « utiliser son système D » prend tout son sens quand on soigne dans un village nordique. Les niveaux de soins sont parfois très élevés alors que les services spécialisés sont souvent loin et inaccessibles par la route. Les professionnelles en soins doivent donc faire appel à un haut niveau d’adaptation et de débrouillardise. C’est phénoménal ce qu’elles arrivent à faire avec si peu de moyens à leur disposition. Et ce qui crève les yeux? Un sentiment d’appartenance à leur équipe qu’on retrouve de moins en moins dans les établissements de santé du « Sud ».


Des enjeux importants à régler
Il y a aussi plusieurs difficultés avec lesquelles les professionnelles en soins doivent composer et qui mériteraient des interventions rapides de la part du gouvernement.
La première est sans équivoque : l’accès à des logements décents et respectueux de leur intimité. Pénurie, insalubrité et cohabitation forcée; les professionnelles en soins ont très peu accès à un chez-soi digne de ce nom. Par ailleurs, qui pourrait croire qu’en 2026, au Québec, l’accès à l’eau potable n’est pas un droit de base pour tout le monde? Eh bien, ce n’est pas le cas pour plusieurs communautés vivant au Nord où cet accès est très variable d’une baie à l’autre, d’un village à un autre. Finalement, devoir travailler dans des installations désuètes est le lot de plusieurs professionnelles en soins. Nul besoin d’avoir des connaissances poussées pour constater la nécessité d’investissements substantiels dans les différentes installations, c’est limpide comme l’eau d’un ruisseau.
La sécurité ne doit pas être optionnelle
À cela s’ajoute la question de la sécurité qui est omniprésente dans le discours des professionnelles en soins. L’absence de locaux d’isolement adéquats, les gardes de sécurité en nombre insuffisant ou très mal formés pour la majorité et les professionnelles en soins n’ayant pas toutes une mise à jour de la formation OMEGA sont au nombre des éléments observés. Ce sont des milieux de travail parfois très difficiles où la professionnelle en soins est souvent seule pour faire face à différentes situations de crise. La protection de ces travailleuses devrait être une priorité pour les décideur-euse-s. Travailler dans un milieu sécuritaire ne devrait pas être optionnel.
Voilà un aperçu de quelques enjeux cruciaux qui contribueraient certainement, s’ils étaient pris au sérieux et traités, à l’amélioration de l’attraction des professionnelles en soins décidant d’aller travailler au Nord. Mais encore plus important, cela aurait très certainement des impacts positifs sur la rétention de celles-ci. Elles sont nombreuses à être attirées par le Nord, mais elles sont moins nombreuses à faire le choix d’y rester.
Cette tournée de la FIQ fut remplie de moments uniques permettant aux trois responsables politiques d’échanger, en toute franchise, avec les professionnelles en soins sur leur réalité et de voir les lieux où leur pratique s’exerce. Bref, un périple nordique des plus enrichissants qui permettra à la Fédération de mieux revendiquer des conditions de travail, d’exercice et de vie propres à la réalité de soigner au Nord lors de ses rencontres avec les représentant-e-s du gouvernement, mais également de garnir son coffre à outils en vue de la prochaine ronde de négociation pour le renouvellement de la convention collective.
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