Pour un réseau public sans discrimination : protéger la population, c’est aussi protéger celles qui la soignent

Julie Bouchard
Présidente
1 mars 2026
En ce 1er mars, la Journée zéro discrimination nous rappelle une chose essentielle : l’égalité doit être réelle, pas symbolique. Dans le réseau public de santé, cela vous concerne directement. Un système qui protège moins bien celles qui soignent ne peut pas se dire pleinement juste.
Pourtant, avec la Loi 28, le gouvernement a modifié les règles en santé et sécurité du travail. Et ce sont, entre autres, les professionnelles en soins qui en subissent les conséquences.
Concrètement, cela crée deux niveaux de protection. Dans certains secteurs, les mécanismes de prévention sont plus complets et plus structurés.
Mais dans la santé et l’éducation, les règles sont moins exigeantes.
Cela veut dire moins de prévention avant que la situation ne se détériore. Et quand elle se détériore, ce sont les professionnelles en soins qui en paient le prix : épuisement, arrêts de travail, exposition accrue à la violence physique et verbale.
Bref, vous pourriez être moins protégées que d’autres travailleuses au Québec, alors même que vos milieux sont parmi les plus exigeants.
Vous le vivez déjà : surcharge, pression constante, risques psychosociaux élevés. Réduire les mécanismes de prévention dans ce contexte n’est pas un détail administratif. Ce sont des protections concrètes qui s’affaiblissent dans un environnement déjà fragile.
C’est pourquoi, le 23 février dernier, avec d’autres organisations syndicales des réseaux de la santé, des services sociaux et de l’éducation, nous avons déposé une contestation constitutionnelle devant la Cour supérieure. Nous estimons que certaines dispositions de la Loi 28 créent une inégalité de traitement et contreviennent au droit à l’égalité.
La discrimination ne se limite pas aux paroles ou aux gestes. Elle peut aussi se retrouver dans les lois. Lorsqu’un cadre légal protège moins un secteur majoritairement féminin, il perpétue une injustice qu’il faut corriger.
Un réseau réellement universel commence par reconnaître votre rôle essentiel et par vous offrir des protections pleines et entières. Protéger la population, c’est aussi protéger celles qui la soignent.
Julie Bouchard
Présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec–FIQ